Comprendre les violences basées sur les genre (VBG) facilitées par la technologie (FT)
Tandis que le sexe biologique renvoie aux caractéristiques anatomiques, c'est-à-dire le fait d’être né(e), homme ou femme, le genre (à ne pas confondre ni avec l'identité de genre, ni l'expression de genre) fait référence aux rôles, aux attentes particulières qu'une société a envers des individus, à un moment donné, parce qu'ils sont de sexe masculin ou féminin. Quant aux violences basées sur le genre (VBG), elles représentent les maltraitances, abus et actes de violence subis par une personne à cause de son genre. Ces VBG prennent plusieurs formes et la technologie joue désormais un rôle clé dans leur propagation. Avec l'essor des applications de messagerie et des plateformes numériques, ces violences prennent de nouvelles formes, l'usurpation d'identité, le cyberharcèlement, les hypertrucages pornographiques et même la surveillance d'autrui.
Les violences basées sur le genre facilitées par la technologie (VBGFT) englobent les actes de VBG qui sont commis en partie ou en totalité, par l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC), telles que les téléphones, l'internet, les plateformes de médias sociaux et les courriels. Il s’agit aussi bien du fait d’installer des applications de filature ou d’espionnage dans le téléphone de sa partenaire, de lui envoyer des SMS menaçants ou de diffuser des photos intimes de celle-ci.Les violences contre les femmes, les filles et les enfants liées à la technologie portent atteinte à plusieurs droits humains des membres de ces groupes vulnérables, dont ceux à leur image, leur vie privée et à l'intégrité de leurs corps. Elles sont source de dommages psychologiques et affectifs, renforcent les préjugés, portent atteinte à la réputation, entraînent des pertes économiques, ainsi de suite. En ce qui concerne les femmes et les filles, ce type de violence a, entre autres, pour objectif de les rabaisser et de les réduire au silence, de les exclure des espaces publics (numériques et réels) et in fine de les empêcher de participer à tous les aspects de la vie en société. Les VBGFT sont considérées comme une menace croissante; il est donc crucial de mieux faire connaître ce type de violence, de comprendre leur dynamique afin de les prévenir et d'y répondre.

VBG, VBGFT: un seul principe incontournable
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Erratum: Dans la vidéo et l'infographie, l'adjectif "Réversible" a été employé par erreur au lieu de "Révocable", ce terme étant le qualificatif le plus approprié.
Savoir reconnaître la validité d'un consentement sexuel est essentiel pour bâtir et maintenir une relation fondée sur le respect de l'intégrité physique de toutes les parties. Un consentement sexuel valide doit répondre à quatre critères fondamentaux :
- il doit être exprimé sans ambiguïté (CLAIR, EXPLICITE);
- il doit être donné sans aucune forme de pression ou de chantage (LIBRE);
- il doit être basé sur des informations vraies et complètes (ÉCLAIRÉ);
- il doit être relatif à un acte précis à un moment donné (SPÉCIFIQUE).
Il est important de souligner que le consentement sexuel n'est jamais un acquis définitif. Il est RÉVOCABLE à chaque instant: avoir dit "OUI" par le passé ne veut pas dire avoir dit "OUI" à tout jamais. Le consentement sexuel doit toujours être exprimé de façon ENTHOUSIASTE, et non à contre-coeur à cause de la peur, de la sidération, de la résignation, etc.
Maîtriser ces distinctions est un véritable outil de pouvoir permettant à chacun de poser des limites fermes et d'exiger le respect de son intégrité physique.

Vidéos explicatives
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Au commencement...
Un stéréotype de genre est une construction sociale qui attribue des rôles, des comportements et des traits de caractère spécifiques aux individus en se basant uniquement sur leur sexe. Ils sont désormais amplifiés par les algorithmes des plateformes numériques, qui privilégient notamment des contenus clivants, et souvent misogynes pour maximiser l'engagement des utilisateurs.

L’espace numérique n’est pas déconnecté des réalités sociales ; il en est le miroir déformant. L'analyse des mécanismes de haine en ligne démontre que la technologie ne crée pas la misogynie, mais qu'elle permet de l’industrialiser. En privilégiant le profit et l'interaction constante, les réseaux sociaux deviennent des vecteurs de propagation de stéréotypes, de préjugés et normes de genre, ce qui leur donne une portée et un poids inédits. Ce phénomène souligne la corrélation directe entre les modèles économiques du numérique et l'intensification des violences basées sur le genre, dont les conséquences s'étendent bien au-delà de la sphère virtuelle.
Avertissement sur les limites des mesures de protection telles que le signalement ou le blocage de comptes:
La violence en ligne ressemble à une fuite continue de gaz dans un immeuble depuis un certain temps. Pour le moment, on demande aux résidents de porter des masques et de calfeutrer leurs portes. Pourtant, la solution la plus efficace ne devrait pas se résumer à les résidents en experts en survie, mais plutôt:
- de réparer les tuyaux défectueux qui sont à l'origine de la fuite;
- et de tenir l'architecte et le propriétaire de l'immeuble pour responsables de la toxicité de l'air respiré par les résidents de l'immeuble.
Donc, en ce qui concerne les plateformes numériques, les réponses à la violence numériques telles que le blocage et le signalement, bien qu'indispensables dans l'urgence, ne s'attaquent pas à la source du problème. Ces solutions sont limitées par la nature même du numérique : celle de permettre à un agresseur de réapparaître sous de nouvelles identités ainsi qu'à un groupe d'individus de s'acharner sur une personne. En se focalisant sur la réaction individuelle, le blocage et le signalement occultent la responsabilité systémique des plateformes et la nécessité de réponses collectives et juridiques pour faire face à une violence qui évolue plus vite que les fonctions de filtrage.

L'essor du numérique, autrefois perçu comme un levier d'émancipation, a laissé place à une réalité délétère où les outils technologiques amplifient désormais les inégalités de genre. Les violences basées sur le genre facilitées par la technologie (VBGFT) dépassent le cadre des simples interactions virtuelles : elles constituent des agressions concrètes. Celles-ci se manifestent notamment par la surveillance via les systèmes de géolocalisation ou par la production de contenus pornographiques synthétiques (deepfakes), lesquels visent les femmes dans 96 % des cas.
Cette hostilité est entretenue par le modèle économique des plateformes, qui favorise les contenus haineux pour maximiser leur rentabilité. Un tel climat engendre une dérive démocratique majeure : l'autocensure des victimes, exclues de l'espace public numérique. La lutte contre ce fléau impose aujourd'hui une réponse concertée entre les pouvoirs publics et les acteurs de l'industrie technologique. Cet engagement doit impérativement s'accompagner d'un soutien aux initiatives innovantes conçues pour protéger et pour accompagner les victimes à l'échelle internationale.

Puis survint l'IA
Le développement de l’IA générative a favorisé l'émergence de violences numériques d’une précision accrue. L'hypertrucage pornographique (deepfake porn) constitue l’expression la plus violente de cette tendance. Un deepfake est un média synthétique généré par des algorithmes d'IA, à partir de fichiers numériques existants (images, sons ou vidéos). Ce nouveau média imite l'apparence ou la voix d'une personne réelle de façon très réaliste. Contrairement à un montage classique par Photoshop, par exemple, le média synthétique est produit par l'IA et prête à autrui des actions ou des propos qui ne sont pas vrais.

Mais il y a aussi la surveillance...
Les VBGFT) sont trop souvent réduites à tort à la « cyberviolence ». Or, dans le contexte d’une relation intime, la surveillance d'un(e) partenaire à l'aide d'un traceur GPS ou d'un logiciel espion est une forme de VBGFT encore trop peu évoquée en Afrique.
🎬 Fait rare et à saluer : ce type de violence a été dans la série sénégalaise CRÉDULE produite par MARODI TV. Dans la scène suivante, une jeune femme découvre que son prétendant avait dissimulé un traceur GPS ainsi qu'un logiciel espion (respectivement) dans la voiture et le téléphone qu’il lui avait offerts, ce qui lui permettait de suivre tous ses déplacements et d'épier tous ses faits et gestes, conversations téléphoniques y compris.
🎥 Voir la scène de la minute [26:46] à [27:46] en activant les sous-titres pour la traduction en français en appuyant sur "cc"
(Extrait de la série CRÉDULE, disponible en intégralité sur leur chaîne YouTube officielle)
Plus de ressources à venir; n'hésitez donc pas à consulter de nouveau cette page! 🤗
